Frédéric Sicard : "Je souhaite encourager l'innovation pas à pas"

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Frédéric Sicard, Bâtonnier de ParisA l'occasion de  la 2ème édition de JINOV, le bâtonnier de Paris, Frédéric Sicard a indiqué vouloir encourager l'innovation tout en soulignant que le progrès doit se concilier avec la déontologie des avocats.

Préserver la déontologie tout en favorisant le progrès

Frédéric Sicard, bâtonnier de Paris, était l'invité d'honneur de la 2ème édition de la Journée de l'innovation du droit et du Chiffre (JINOV) qui s'est déroulée le 2 février 2017 au Grand Hôtel Intercontinental Opéra à Paris.

Pour le bâtonnier de Paris, de plus en plus d'avocats s'intéressent à l'innovation. Cependant, le progrès doit se concilier avec la déontologie des avocats et trouver un équilibre entre les deux. Cet équilibre, pour le barreau de Paris, est incarné par l'incubateur : "Nous ne pouvons pas sacrifier notre éthique, notre déontologie. Nous ne pouvons pas sacrifier tout ce qui fait notre liberté au progrès. Bien sûr il faut concilier les deux. Mais il nous faut trouver nos équilibres. Pour le barreau de Paris, l'équilibre cela d'abord été la généralisation, l'extension de cet instrument formidable qu'est l'incubateur"

Vers une labellisation des legaltechs ?

Evoquant la charte Openlaw, Frédéric Sicard a avancé la possibilité de labelliser les legaltechs : "La charte OpenLaw va nous permettre de discuter sur ce que peutFrédéric Sicard, Bâtonnier de Paris être notre réponse, à nous profession réglementée, puisque le principe de la charte c'est de prendre des engagements éthiques et de reconnaître la compétence éthique des institutions des professions réglementées. Ce qui nous permet ensuite d'avancer et pourquoi pas imaginer labelliser les projets bénéfiques et éthiques."  

L'année 2017 sera une année d'"accélération" selon le bâtonnier de Paris. Cependant, "si les évolutions technologiques ouvrent une formidable perspective la question qui se pose est très simple seront-elles aussi liberticides ? Et comment faisons-nous pour rester nous-mêmes tout en faisant le pas que nous devons faire pour passer du présent au futur. La clé de tout est que l'avocat est entrepreneur éthique". La ligne est là. Il va de soi que nous devons nous saisir de cette formidable entreprise qui est possible d'innovation, tout en restant maître de notre éthique." 

« Le cabinet 3,0 n'existera jamais »

La transition digitale est inévitable a indiqué Frédéric Sicard. Cependant, "elle ne doit pas être crainte. (...) Et, la limite à l'émergence de l'ère numérique est connue. Elle est claire. Elle est dans notre serment, pour ce qui concerne les avocats, mais elle l'est aussi pour toutes les professions réglementées tant du chiffre et du droit. Elle est celle de l'humanité. Il y a un moment où le tout virtuel n'est pas la réponse parce qu'il y a le moment où ce qui est en train de se faire ne peut pas se faire ou ce qui est en train de se faire doit se faire. C'est cet élément présentiel d'humanité qui me paraît être la ligne exacte de notre projet d'innovation. Pour moi, il est clair que le cabinet 3.0 n'existera jamais." a-t-il ajouté.

Frédéric Sicard, Bâtonnier de ParisAvancer avec des mesures concrètes

Si le bâtonnier de Paris veut encourage l'innovation, il veut le faire de manière concrète en réfléchissisant sur les moyens et en étant créatifs et vigilants : "Ce sur quoi nous devons réfléchir c'est sur les moyens qui doivent être déployés pour nous recentrer sur ce que nous sommes c'est à dire des conseils stratégiques. Nous devons travailler aux moyens qui soutiennent ce qu'est notre activité principale. Et, il ne faut pas avoir la moindre hésitation, il n'y a pas de moindre difficulté déontologique pour avancer. Mais sur le fond, nous resterons toujours nous-mêmes. Soyons créatifs, vigilants mais conscients que la porte qui va s'ouvrir est résolument tournée vers notre avenir, notre devenir, celle des générations futures. Nous devons l'appréhender comme un véritable territoire à sécuriser. Avançons et avançons très vite de manière concrète en regardant ce qui existe." a-t-il conclu   

Arnaud Dumourier (@adumourier)