Prévention et prise en charge du “burn-out” : recommandations du Conseil supérieur de la santé

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Le Conseil supérieur de la santé (CSS) a formulé des recommandations relatives à la prévention et à la prise en charge du "burn-out" sur le lieu de travail.

Dans son avis n° 9339, le Conseil supérieur de la santé (CSS) a formulé des recommandations relatives à la prévention et à la prise en charge du "burn-out" sur le lieu de travail.

Le "burn-out" est un "processus multifactoriel qui résulte de l’exposition prolongée (en situation de travail) à un manque de réciprocité entre l’investissement (demande) et ce qui est reçu en retour (ressources), ce qui provoque un épuisement (à la fois émotionnel, physique et psychique), qui peut avoir un impact sur le contrôle de ses émotions (irritabilité, colère, pleurs …) et de ses cognitions (attention, mémoire, concentration), et peut à son tour provoquer des changements dans les comportements et les attitudes : une distanciation mentale (la personne se détache et devient cynique), qui résulte en un sentiment d’inefficacité professionnelle".

Concernant la prévention du burn-out, le CSS recommande de réfléchir à un changement dans le modèle de société (modèle de la performance), auquel le burn-out est étroitement lié. Il faudrait une organisation du travail plus "soutenable", qui se recentrerait sur la qualité du travail et renforcerait la perspective du parcours de vie des individus.
Le CSS préconise une sensibilisation au bien-être, à la gestion du stress, aux autres méthodes de coping, et à un mode de vie sain qui pourrait également se faire dès l’enfance, notamment à l’école. Des campagnes d’information sur ces sujets peuvent également être mises en place pour le grand public.
Il recommande d’agir d'abord au niveau de l’organisation.
Enfin, il recommande de revaloriser la fonction du médecin du travail. Il doit notamment y être mieux formé, mais aussi être plus facilement et directement accessible par les travailleurs.

S'agissant de l'aide professionnelle et l'intervention, le CSS recommande qu'une aide professionnelle adéquate et rapide soit apportée dès les premiers signes de souffrance (stress au travail par exemple).
Pour l’évaluation et l’accompagnement des personnes en burn-out, le CSS suggère de s’assurer que les intervenants soient formés et disposent des compétences définies dans le profil de compétences. Pour cela, une certification d’"intervenant burn-out" pourrait être mise en place. Par ailleurs, ces intervenants ne doivent pas être issus du monde professionnel (par exemple, services de prévention).
En outre, le CSS préconise de donner plus de place aux pathologies psychosociales dans les programmes de formation et dans le développement professionnel continu des professionnels de santé.
Pour ce qui est de l'accompagnement de personnes en burn-out, l’intervenant doit viser à la fois la réduction des symptômes et la réintégration au travail.
Le CSS recommande également de prévoir un suivi des trajets de soins, afin de pouvoir évaluer leur impact sur le retour au travail.
Enfin, étant donné les différents acteurs impliqués, il serait utile de constituer une structure de coordination entre les différents domaines concernés (emploi, santé, sécurité sociale, recherche etc.) pour faciliter les collaborations et mettre en place des politiques cohérentes.