Robert Badinter, ancien ministre de la Justice, est mort

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Robert Badinter est décédé à l'âge de 95 ans. Avocat, l'ancien ministre de la Justice sous la présidence de François Mitterrand était surtout connu pour son combat contre la peine de mort.

Grand avocat, Robert Badinter fut nommé garde des Sceaux, ministre de la Justice par le président de la République François Mitterrand, le 23 juin 1981. Connu pour son engagement en faveur de l’abolition de la peine de mort en France, il présente son projet de loi pour l’abolition devant le Parlement en septembre 1981. La loi portant abolition de la peine de mort en France est promulguée le 9 octobre 1981.

Professeur de droit privé et avocat au Barreau de Paris, Robert Badinter s’engage très tôt dans le combat pour l’abolition. Dans les années 70, il plaide lors de deux procès qui revêtent une importance majeure : le procès Bontems (juin 1972) et le procès Patrick Henry (janvier 1977) qu’il transforme en procès de la peine de mort.

Les réactions se sont multipliées à la suite de l'annonce du décès de Robert Badinter. 

« Il était une figure du siècle, une conscience républicaine, l’esprit français », a écrit Emmanuel Macron, ce vendredi sur X.

Pour Laurent Fabius, président du Conseil constitutionnel, « la mort de Robert Badinter, qui fut mon ami depuis près de 50 ans et mon prédécesseur à la présidence du Conseil constitutionnel, est une immense perte pour la justice et pour la France. Robert Badinter était non seulement un juriste hors pair mais un juste entre les justes. Conciliant la sagesse à la passion, il a, dans toutes les fonctions qu’il a exercées, dans toutes les causes qu’il a plaidées, fait progresser le droit et l’humanisme au plan national et international. À son épouse Elisabeth, à sa famille et ses proches, je dis mon immense tristesse, mon affection profonde et mon admiration pour le grand homme qui s’en va. »

De son côté, Eric Dupond-Moretti, ministre de la Justice, salue un « épris de justice » qui « laisse un vide à la hauteur de son héritage : incommensurable ».

« Le premier président et le procureur général de la Cour de cassation ont appris avec émotion le décès de Robert Badinter, ancien avocat, garde des Sceaux et président du Conseil constitutionnel. Avec l’ensemble de la communauté judiciaire, ils rendent hommage à l’œuvre considérable accomplie par ce grand défenseur de la justice et des droits de l’Homme. Artisan courageux de l’abolition de la peine de mort en France et militant de sa disparition à travers le monde, il aura également marqué l’histoire judiciaire de notre pays par le renforcement des droits des victimes et des personnes détenues, la suppression de la cour de sûreté de l’État, ou encore l’initiative d’une réforme du code pénal. Devenu sénateur, il aura mis en garde contre les discours simplificateurs en matière pénale, en replaçant sans cesse l’humain au cœur des consciences. Il aura enfin œuvré avec force pour la construction d’une Europe protectrice des droits et libertés.
Son héritage juridique et moral est un bien commun précieux, qu’il nous revient de conserver vivant » indique la Cour de cassation dans un communiqué.

« La profession vient d’apprendre avec une profonde tristesse le décès de Robert Badinter. Homme aux mille vies, Robert Badinter était avant tout un avocat, un homme de conviction profondément attaché au droit. Les valeurs universelles qu’il a portées tout au long de sa vie imprègnent encore aujourd’hui notre pays et plus encore notre profession. Farouchement attachée aux droits de l’Homme, la profession salue cet illustre défenseur des droits qui aura fait rayonner nos valeurs au-delà de nos frontières. Sa plaidoirie mémorable en faveur de l'abolition de la peine de mort devant l'Assemblée nationale en 1981 restera gravée dans les mémoires. Son héritage perdurera et continuera d'inspirer les générations futures dans leur quête d'un monde plus juste et humain. Homme d'exception, un modèle pour tous les avocats et un défenseur infatigable de la justice, voilà ce que nous retiendrons de Robert Badinter, notre cher confrère » a déclaré Julie Couturier, présidente du Conseil national des barreaux (CNB).

Un hommage solennel sera rendu à Robert Badinter à l’occasion de la prochaine assemblée générale du Conseil national des barreaux qui se tiendra le 15 mars 2024.

Pour la Conférence des bâtonniers, « Robert Badinter a marqué l'histoire juridique et politique de notre pays. Tout au long de sa carrière, Robert Badinter s'est illustré par son engagement indéfectible en faveur de la justice, de la liberté et de l'humanité. Son combat pour l'abolition de la peine de mort en France demeure l'un de ses héritages les plus marquants, témoignant de sa conviction profonde en la dignité humaine et en l'égalité devant la loi ».

« Avocat exemplaire et combatif, il a lutté sans répit contre la peine de mort. Il restera pour les avocats et notre pays l’exemple de la droiture et de la justesse », indique Pierre Hoffman, bâtonnier de l'Ordre des avocats de Paris.

Le ministère de la Justice a mis à la disposition du public un recueil de condoléances. La cérémonie d’hommage nationale aura lieu mercredi 14 février à 12h00.


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